Fromage de tête

Archéologie du processus de recherche de Fromage de tête

Par Christiane Dampne, Journaliste culturelle
Presse nationale : Mouvement & Stradda
Auteure de documentaires de création sonore

L’obsession du groupe théâtral n+1 de la compagnie Les Ateliers du spectacle ? Plonger dans les rouages de la pensée et collectionner cet infini afin de mettre en scène des espaces mentaux. Une recherche artistique frontale de longue haleine ponctuée par trois pépites théâtrales : Le T de n-1 (2010), l’Apéro mathématiques (2011) et Fromage de tête (2013). Une trilogie bricoleuse et ingénieuse rassemblée sous le titre générique de Campement mathématiques. La première est inspirée du livre de Clémence Gandillot : De l’origine des mathématiques ; les deux autres, d’échanges approfondis avec de nombreux chercheurs grenoblois, strasbourgeois, nantais, stéphanois, aptois et avignonnais. Excusez du peu !

Pour Fromage de tête, créé lors de la biennale Arts-Sciences, les comédiens ont poussé leur investigation en séjournant durant l’année 2013 au cœur de trois centres de recherche : en février au GIN (Grenoble Institut des Neurosciences) à La Tronche, en avril au GIPSA-Lab (Grenoble Images Parole Signal Automatique) à Saint-Martin-d’Hères, et en juin dans la Yourte du CEA Grenoble. Filant la métaphore du campement, ils ont nommé leur résidence « Bivouac » et ont invité les chercheurs à devenir leur partenaire d’une recherche ludique. Les rencontres n’allaient pas de soi, mais chacun a fait un pas vers l’autre pour les rendre fructueuses.

Aucune nouvelle technologie déployée lors de ces échanges. Les seuls outils : le protocole Comment ça marche dans la tête (CCMDLT) avec quelques supports - papier, crayons, tableau noir, craie et caméra pour garder trace des cogitations des têtes chercheuses. De l’archaïque pour que la pensée s’ancre dans la matérialité du geste. 19 scientifiques grenoblois se sont engagés dans l’aventure. Leurs propositions constituent la matière première de l’élaboration de Fromage de tête.

Parmi le noyau dur des chercheurs associés à la résidence, quatre d’entre eux se sont prêtés au jeu de l’interview, dont voici ici la quintessence. Les comédiens, grands joueurs devant l’Eternel, se sont aussi pliés au jeu. En écho au processus CCMDLT, cet article vous ouvre grande la porte des coulisses de fabrication ! Une auscultation archéologique en 9 points.

Deux partis pris ont présidé à sa rédaction : tout d’abord l’effacement des questions et d’un commentaire pour laisser toute la place à la richesse des paroles des uns et des autres en évitant l’écueil d’une explication surplombante ; ensuite une disposition en vis-à-vis des deux points de vue - celui des artistes initiateurs et celui des chercheurs joueurs – pour vous laisser libre de naviguer entre les deux et de tisser vos propres fils… Belle découverte !

Le groupe n+1 de la Cie Les Ateliers du spectacle :

Un spectacle conçu et interprété par Mickaël Chouquet, Cécile Coustillac, Balthazar Daninos, Léo Larroche (avec la complicité de Clémence Gandillot)
Mise en scène Catherine Pavet
Décor Jean-Pierre Larroche
Construction Florian Méneret, Arthur Michel avec l’aide d’Iris Dauty et Benjamin Sillon
Régie Florian Méneret
Lumières Thibault Moutin
Musique Catherine Pavet
Costumes Lucille Duglué
Administration Charlène Chivard
Production  Charline Wöhrel

Chercheurs associés à la résidence :

GIN (Grenoble Institut des Neurosciences) : Antoine Depaulis, Julien Bastin, Marie-Jo Moutin, Michel Dojat
GIPSA-Lab (Grenoble Images Parole Signal Automatique) Jean-Luc Schwartz, Hélène Loevenbruck
CEA-Leti : Amal Chabli, Dominique David
Entretien avec les comédiens Mickaël Chouquet, Balthazar Daninos et Léo Larroche & avec les scientifiques Amal Chabli, Dominique David, Antoine Depaulis et Jean-Luc Schwartz.

 

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