Les artistes

1. Intentions & objectifs des artistes

Par Christiane Dampne, Journaliste culturelle
Presse nationale : Mouvement & Stradda
Auteure de documentaires de création sonore

  Une recherche sous forme de trilogie

Léo : Si l’on remonte à la genèse de nos spectacles, la question initiale était : si on pouvait mettre les pieds dans l’espace qu’on a dans la tête, à quoi ça pourrait ressembler ? Cette question se trame dans nos trois créations. Elle est déclinée différemment.

Le spectacle, le t de n-1 est issu des recherches consignées par Clémence Gandillot dans son livre, De l’origine des mathématiques. Son credo : c’est le décalage entre la chose et l’idée de la chose qui crée le mouvement.

Une question posée par Clémence au détour de ses travaux nous a conduit à poursuivre la recherche. Si on pouvait mettre les pieds dans l’espace qu’on a dans la tête quand on fait des mathématiques, à quoi ça pourrait ressembler ? Pour y répondre nous avons rencontré des chercheurs en mathématiques et les avons interrogé sur leur médote : leur méthode dans ce qu’elle a de singulier, personnel voir a-méthodique. Les matériaux récoltés nous ont permis de représenter l’espace mental de plusieurs chercheurs dans l’Apéro mathématiques.

Mickaël : Dans l’Apéro, les mathématiciens étaient notre objet de recherche. On les questionnait en s’occupant de ce qui se passait dans leur tête. Dans Fromage de tête, on convie les scientifiques comme partenaires de notre recherche sur l’espace mental et ses représentations. Le rapport a changé : ils ne sont plus objet, mais sujet en jouant avec nous à notre jeu, le CCMdlT (Comment Ça Marche dans la Tête), qui prend comme point de départ les mécanismes de la pensée, c’est-à-dire toutes les actions intérieures qui mettent la tête en mouvement : le doute, le choix, l’imagination, le souvenir… Chaque mécanisme est interrogé selon plusieurs étapes. D’autre part nous avons quitté les mathématiques en faisant appel à des chercheurs en neurosciences, des psycho-cognitifs et des physiciens.

Résider à l’intérieur d’un centre de recherche pour recueillir des matériaux

Balthazar : Notre compagnie s’est installée pendant trois semaines dans des lieux de recherche différents afin de recueillir paroles, idées et témoignages sur la manière dont naissent les idées. Les chercheurs sont là et n’ont pas à se déplacer. Plusieurs groupes de scientifiques ont participé pendant deux journées pour approfondir une question en prenant appui sur le protocole CCMDLT.

Mais l’invitation était faite aussi aux curieux de tout bord, étudiants, administratifs, amis d’amis, regroupés sous l’appellatif « les attrapés au vol » entre midi et deux, selon un protocole plus court de 20 minutes. De pouvoir séjourner dans ce vivier facilite les contacts et les interceptions au passage !

 Une démarche ingénue & citoyenne

Mickaël : Lorsque nous avons rencontré Clémence Gandillot, ce qui nous a plu, c’était son ingénuité et son aplomb. Elle se pose les questions : pourquoi les mathématiques ? Qu’est-ce qu’une chose ? Et se pose des questions beaucoup plus grandes qu’elle. Nous nous inscrivons dans cette lignée-là en nous posant des questions trop grandes pour nous : la question CCMDLT est infinie.

Balthazar : Même si la question est plus grande que moi, je peux y répondre à ma manière. C’est fondamental de s’approprier le problème et d’y prendre plaisir ! Nous n’avons pas toujours besoin d’avoir un attirail scientifique pour s’autoriser à réfléchir à une grande question. Chacun le fait à sa manière, selon différents niveaux, sans que l’un soit prédominant sur l’autre.

Léo : Le principe de notre démarche ? Nous confronter aux questions sans l’arsenal philosophique et scientifique. Nous essayons de les regarder comme si on se les posait pour la première fois. Nous partons de rien et avec très peu d’outils : une feuille de papier et sa tête pour penser. Un dénuement pour voir comment chacun peut s’approprier les questions, les faire siennes sans l’influence de références. Régulièrement les chercheurs évoquaient concepts et travaux mais nous préférions dans un premier temps les regarder à ras, d’une manière innocente et naïve.

Recherche partenaires de jeu…

2. L’emblème du campement

Marquer son territoire par une signalétique décalée

Balthazar : Il fallait trouver une signalétique qui marque notre présence tout en informant que nous n’étions pas des chercheurs. Dans chacun de ces grands bâtiments, les gens passent et sont occupés par leurs missions. Il fallait donc les intercepter au passage avec un emblème décalé, un élément ludique. C’est Jean-Pierre Larroche, le scénographe du spectacle et directeur de la compagnie, qui a conçu des canadiennes avec une couleur rétro de trois tailles différentes. Les petites étaient mises sur socle et placées dans le hall et les étages.

Le labo volant 

Léo : Notre « Labo volant », installé dans une salle du Centre de recherche qui nous accueille, est constitué de feuilles blanches, de stylos, d’un grand tableau noir, de craies, d’un système d’accroche pour les brouillons et d’une caméra pour enregistrer les propositions de chacun des participants. C’est un labo éphémère et nomade qui s’est déplacé dans les trois lieux de résidence. C’était notre petit centre de recherche à l’intérieur d’un grand centre de recherche !

3. Questions et méthode de travail ?

  L’élaboration d’une liste de questions

Balthazar : Le jeu que nous avons déployé avec les chercheurs est le résultat d’un questionnement ludique que l’on pratique entre nous depuis longtemps et qui jalonne les spectacles précédents. Nous avons commencé avec Clémence Gandillot sur les objets mathématiques et leur relation au monde. Nous l’avons ensuite étendu aux mécanismes de la pensée. C’est une manière de travailler ensemble à partir de règles du jeu pour faire émerger des idées. Pour notre 3e pièce, nous avons eu envie de convier d’autres joueurs !

Léo : Cette grande question CCMDLT qui nous intéresse depuis de nombreuses années, il était nécessaire de l’aborder par de petites portes d’entrée, de préciser un angle d’approche avec un focus sur un mécanisme de la pensée. Par exemple on travaillait entre nous sur le doute qui amenait à une autre question proche : Comment ça marche dans la tête quand on ne comprend pas. Nous avons ainsi constitué entre nous une longue liste de questions que nous nous sommes posés : Comment ça marche dans la tête quand on est concentré ? Quand on doute ? Quand on court après le présent ?… Cette liste nous l’avons affichée dans notre labo volant en invitant les chercheurs à ajouter leur propre question. C’est une liste infinie.

 La mise au point du protocole CCMDLT

Mickaël : Le point de départ c’est toujours : CCMDLT qd on… Et la question se déploie dans le temps selon trois étapes de 7 minutes. C’est un protocole de recherche ludique qui part d’un mécanisme de pensée et que nous avons expérimenté dans notre groupe. Il permet en un temps resserré d’accumuler des matériaux, de faire surgir des propositions, et d’élaborer des représentations de l’espace mental et de ses mécanismes. Le temps est important : la contrainte de l’urgence stimule les idées ! À mi-parcours d’une séance, nous cartographions l’ensemble des propositions saillantes, matière à rebondir pour de nouvelles propositions, soit individuellement soit collectivement.

 Des questions différentes dans chaque session

Mickaël : Parmi les nombreuses questions, nous avons décidé d’en choisir quelques-unes pour les approfondir avec les scientifiques. Lors de la 1e session nous avons travaillé sur deux questions très ouvertes : le doute avec un groupe de chercheurs, et l’imagination avec un autre groupe. Pour la 2e session, nous avons décidé de resserrer : tourner autour d’une idée et prendre le temps de réfléchir. Lors de la 3e session, nous n’avons pas travaillé sur un mécanisme de pensée mais sur le processus lui-même et sur la manière dont on pourrait relier six mécanismes : Douter/ imaginer/ tourner autour d’une idée / prendre le temps de réfléchir/ croire / deviner.

4. L’influence du vocabulaire : expérience / miniature

Protocole / jeu

Léo : Notre terme « protocole » est bien évidemment différent du même terme employé par les scientifiques. Le nôtre était décalé. Nous l’avons peut-être utilisé pour obtenir implicitement une légitimité auprès d’eux. Mais nous avons aussi beaucoup employé le terme « jeu » qui sollicitait une autorisation à jouer davantage. Nous avons navigué entre les deux mots.

La nécessité de changer de vocable

Mickaël : La dernière étape du protocole CCMLDT consiste à proposer une forme ramassée de notre réflexion pour la partager avec le groupe. Nous avons appelé cette forme « expérience », commun au vocabulaire scientifique. Mais ce terme était trop proche d’eux et induisait des propositions avec des résultats mesurables et quantifiables. Dans leur vocable, faire une expérience signifie : mettre en place un protocole pour vérifier une hypothèse avec des dispositifs de mesure. Or, ce qui nous importait n’était pas une étude quantitative et qualitative, mais le chemin parcouru et les questions soulevées. Le mot était réducteur et ça nous laissait secs.

À partir du 2e bivouac nous avons alors reprécisé notre demande en employant le terme « miniature », ouvert et polysémique, qui entrouvre le spectre des possibles en laissant place à l’imaginaire. Il correspond bien au caractère buissonnant du cerveau et peut accueillir de multiples formes. Enfin il contient la dimension du petit et nous voulions accorder une place aux petites choses, leur offrir la possibilité d’être considérées, c’est-à-dire qu’il n’y avait pas nécessité de proposer un développement élaboré avec des références.

La fabrication de miniatures sur les mécanismes de la pensée est une manière de rendre tangible ce que le groupe fait ensemble. Mais comme ce terme ne faisait pas partie de leur vocable, il faisait toujours l’objet d’une demi-heure de discussion sur sa signification.

Définition

Une miniature est un fragment qui a la forme qu’on désire : ce peut être une phrase, l’énonciation d’une idée, un geste, une action scénique, un récit, une image, un graphique, un poème, et ça peut aller jusqu’à devenir une expérience, un texte, une piste pour un dispositif scénique. Ce n’est pas forcément un résultat et cela peut être une question. C’est donc une micro représentation de forme variée. Elle peut se déployer dans le temps ou non, mais elle a un début et une fin et demande de la concision. On lui donne un titre.

Exemple d’une miniature sur le mécanisme CCMDLT quand on prend le temps de réfléchir sous la forme d’une phrase : « Si le temps était une baignoire, on pourrait prendre son temps comme on prend son bain !

5. Posture, déplacement & territoire commun

 Mickaël : Nous n’avons pas convoqué des scientifiques en tant que spécialistes mais comme joueurs de notre protocole, même s’ils sont tous spécialistes d’un domaine très pointu. Par exemple lorsque nous avons étudié le processus de la décision, nous n’avons pas fait appel à un spécialiste de la question qui serait venu nous l’expliquer. Ce n’est pas ce qui nous intéressait. Leurs connaissances étaient incidentes, pas premières dans notre démarche. Les groupes étaient pluridisciplinaires.

 Léo : En nous installant au sein de ces centres de recherche, nous étions dans un processus d’immersion. Cela nous déplaçait dans les deux sens du terme : au sens propre, car nous n’étions pas chez nous et nous nous déplacions avec notre labo volant dans chaque centre ; au sens figuré, car nous nous sommes confrontés à des manières différentes de penser.

Nous avons aussi invités les chercheurs à se déplacer un peu en entrant dans le labo des n+1. En gardant le terme « expérience », cela ne les déplaçait pas, alors que « miniature » les interrogeait et il fallait prendre chaque fois le temps de le définir ensemble.

Nous ne sommes pas chercheurs, ils ne sont pas comédiens. Il était important de se fabriquer un territoire commun de recherche et cela a fonctionné car chacun s’est déplacé un peu.

6. Vos étonnements 

 Balthazar : J’ai remarqué l’étonnement des chercheurs par rapport à notre rigueur alors qu’ils venaient s’amuser. Mon propre étonnement va vers l’incroyable capacité à inventer de tous. En peu de temps, notre protocole met la pensée en route. Certains nous ont offert de vraies perles… L’image du hamster d’Amal Chabli me trotte encore en tête !

7. Bilan & apports

Léo : Nous avons formé une équipe avec les chercheurs et c’était bien agréable car ils se sont prêtés au jeu d’une belle manière. Au départ ce n’était pas forcément évident. On leur demandait de se déplacer et certains avaient un peu de méfiance. Mais au final, on a réussi à bien les embarquer dans notre aventure. J’en suis heureux.

Mickaël : Parmi l’ensemble des chercheurs qui ont participé, nous avons eu la chance d’avoir un « noyau dur » de huit scientifiques qui, malgré leur calendrier contraignant, sont venus deux jours dans chaque résidence. Quand on y pense, 3 x 2 jours sur l’année, c’est peu, mais en même temps c’est une implication conséquente qui nous a permis de vraiment nous rencontrer et d’aller plus loin ensemble et plus rapidement.

En se connaissant mieux et en comprenant mieux notre invitation de jeu avec une dimension fantaisiste assumée, ils se sont donnés l’autorisation d’inventer, d’emprunter d’autres chemins, d’exprimer leur subjectivité. J’ai été content de travailler avec des personnes aussi généreuses. Une grande qualité relationnelle. Partager ce jeu avec eux fut savoureux. Nous avions plaisir à nous retrouver à chaque résidence.

Nous osons le questionnement avec la même innocence et aplomb que Clémence Gandillot. En ayant travaillé avec de nombreux chercheurs, on se rend compte que nous sommes à l’aube d’un savoir, les mécanismes du cerveau restent encore bien obscurs.

Balthazar : J’ai le souvenir de conversations passionnantes, d’une émulation mutuelle où chacun rebondit sur la proposition de l’autre et de fous rires. Cette expérience formidable constitue  la matière première de notre spectacle qui s’est véritablement écrit à partir de ces bivouacs.

8. Choix du titre

Balthazar : Notre titre provisoire était : « n+1 formes en cours » mais nous cherchions mieux. Jean-Pierre Larroche, scénographe du spectacle, eut un éclair avec « Fromage de tête ». Pourquoi l’avons-nous gardé ? Car notre création est la résultante de toutes ces têtes de chercheurs, l’agglomération de leurs propositions. D’autre part c’est un titre intrigant qui tranche avec les précédents plus sérieux. Il est à l’image d’une pensée ludique, joyeuse et libre qui caractérise le spectacle. Enfin, il file la métaphore culinaire de l’Apéro mathématique.

9. Fabrication du spectacle : la nourriture des miniatures

  L’exposition des brouillons : montrer la fabrication

Léo : Nous aimons l’idée du brouillon car c’est un premier accès à la pensée immédiate, comme si la main suivait le fil de l’esprit. Et nous gardons tous les brouillons des chercheurs et des participants qui veulent bien nous les laisser. Nous avons élaboré un système d’accroche de ces brouillons sur une structure métallique pour les donner à voir. Donner à voir les germes d’une pensée. Cet affichage fait partie de notre « Labo volant » à l’intérieur des résidences. L’idée est de montrer la fabrication du spectacle. Nous avons également affiché de nombreux brouillons dans un espace adjacent à la représentation de Fromage de tête. Les spectateurs curieux pouvaient ainsi découvrir nos premiers ingrédients.

Le collectage de miniatures

Mickaël : Avec chaque groupe, nous repartions avec 1 heure d’enregistrement des différentes propositions, autant de pistes à creuser pour notre création avec nos outils scéniques. Riches de tous ces matériaux de pensée, de toutes ces pistes de travail, chacun est reparti se frayer un chemin à l’intérieur de ce vaste fatras. Nous prenions un temps d’écriture individuel avant de repartager collectivement notre propre collectage.

Nous avons procédé ainsi entre chaque résidence. Beaucoup de discussions entre nous en nous montrant nos propres miniatures. Le travail d’équipe permettait alors de rebondir et de déployer telle ou telle miniature. Nos questions : qu’est ce qui peut faire théâtre là dedans ? Qu’est ce que j’ai envie de voir en action ou d’expérimenter ? Quelle forme lui donner ?

Notre spectacle est truffé de manière implicite ou explicite des propositions des scientifiques. Par exemple nous avons cité une expérience de Jean-Luc Schwarz sur le doute : notre alternance systématique entre « flou » et « louf » lorsqu’on les prononce successivement. Notre séquence s’appelle Louflou !

Il a fallu aussi agencer l’ensemble construit sous forme de séquences. Le spectacle raconte un jeu transposé au plateau de personnes qui cherchent en jouant.

Titres de quelques miniatures

Le casque à idées ; le siège de la réflexion ; la théorie gravitationnelle des idées ; l’abat-jour du temps ; la danse de l’idée ; la baignoire du temps…

Autres nourritures

Léo : Le catalogue de l’exposition Images de pensée (2011), de Marie-Haude Caraës et Nicole Marchand-Zanartu, nous a beaucoup intéressés car il présente des brouillons d’artistes, d’architectes, d’intellectuels : des extraits de carnets de notes et de croquis. Je me souviens notamment d’une page de Darwin de l’Origine des espèces.

Pour une de mes miniatures – La nuit des idées – je suis allé puisé dans un texte de Joris-Karl Huysmans – A rebours (1884) – en écho au phénomène souvent exprimé par les chercheurs de la nuit propice à l’émergence d’idées.

Balthazar : Le film des Beatles Magical Mystery Tour nous a accompagnés pendant notre recherche en nous insufflant son esprit de fantaisie et de liberté. D’ailleurs John Lennon s’est invité plusieurs fois à notre table avec les chercheurs, tant et si bien qu’il est devenu une miniature dans notre spectacle !

Une écriture collective

Léo : Fromage de tête est l’association de nombreuses idées qui ont émergé pendant les CCMDLT. Le spectacle prend la forme d’une série de miniatures, brèves séquences qui mettent en jeu les rouages de la pensée. Sur scène, nous proposons une invention, une image, une expérience, entraînés dans une recherche où les tentatives et les échecs sont aussi justifiés que les idées formidables ! Ensemble, nous dessinons une cartographie imaginaire de l’espace mental d’une immense tête, son fonctionnement, ses mécanismes.

Balthazar : Le spectacle s’est construit avec nos propres miniatures et celles des chercheurs. C’est un va-et-vient entre l’intime et le collectif. Le partage des propositions offre un éclairage très varié sur la question et l’échange qui suivait permettait le rebond. Une démarche à l’image d’une recherche bondissante, loin de l’image du chercheur solitaire enfermé dans son labo !

Mickaël : Notre spécificité par rapport à d’autres compagnies ? Notre écriture collective qui conserve l’individualité de chacun. C’est une écriture qui nous met en jeu. Puis nous avons fait appel à Catherine Pavet pour la mise en scène et Jean-Pierre Larroche s’est occupé de la scénographie.

3 mois de travail

Léo : A ces 3 semaines de résidence, se sont ajoutées 9 semaines de travail réparties dans le temps entre écriture individuelle, mise en commun, répétition sur le plateau et fabrication du décor.